– Calme-toi, Fernand. C’est Daniel ? Il l’a battue ?

– Oui, oui, c’est ça.

J’ai levé les yeux et aperçu l’enfant dans les bras de Simon, mon voisin de palier. Une voiture de police démarra et je reconnus Daniel sur le banc arrière. Il était menotté et son regard était vide, dénué de toutes substances émotionnelles. C’était la première fois que je décelais ça. Et je dois avouer que ça m’a fait froid dans le dos. Même qu’un éclat de glace avait percé la plaie vive dans mon dos, qui avait resurgi.

– Par chance, l’enfant va bien on dirait.

– Oui, oui.

– La fille. Elle est pas …

– Non, non.

J’ai tapoté l’épaule de Fernand.

– Je vais aller voir Simon.

Il a acquiescé et reporté son attention sur la civière qu’on faisait grimper dans l’ambulance. La fille semblait inconsciente. Son visage était tuméfié et son crâne avait reçu des soins. Il m’a semblé qu’une poignée de cheveux avait été arrachée. Mais je n’en étais pas certain.

J’ai rejoint Simon. L’enfant suçait son pouce, hypnotisé par l’action qui battait son plein. J’aurais préféré qu’il n’ait pas assisté au spectacle, que Simon ait eu le réflexe de le mettre à l’abri. C’étaient ses parents, après tout. Indignes, certainement, mais parents tout de même.

Simon m’a dit qu’il s’était proposé pour surveiller le bambin, le temps que des renforts prennent la relève.

– C’est toi qui as appelé la police ? lui ai-je demandé.

– Non. Non. Je les laisse se battre, maintenant. C’est leur sport favori, pas vrai ?

– C’est bien vrai.

– Je sais pas qui a appelé.

– Elle est mal en point ?

– Pas tant que ça. Ça va s’arranger. Lui va être libéré. Elle va revenir sans porter plainte.





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