J’ai soudainement entendu un bruit sourd et régulier. Puis j’ai senti la rampe de l’escalier extérieur qui vibrait. Je n’ai pas osé tourner la tête mais je savais que c’était le conjoint. Et quand il a dit : « J’ai oublié mon lunch, mon amour. », mon estomac a fait un puissant bond vers le bas et mon cœur s’est emballé. Le gars était arrivé aussi subitement qu’une poussière qui entre dans un œil et l’irrite et lui tire quelques larmes et le rend aveugle temporairement. Et dont on a tant de mal à se débarrasser.

Là, sincèrement, je ne savais pas quoi faire. J’allais écoper d’au moins un coup de poing à la figure. Dans le moins pire des cas. À moins qu’il ne dise la vérité. Qu’il ne nous ait pas suivis et qu’il y ait une explication à sa présence dans la direction opposée à son lieu de travail.

Mes yeux toujours rivés sur la fille, j’ai parfaitement vu la teinte ambrée quitter l’ensemble de son visage, et un blanc laiteux couvrir sa peau, comme la toile que l’on tire vers le bas d’une fenêtre.

J’ai lu l’affolement qui s’écrivait cursivement entre les lignes de ses traits.

– Hé, si c’est pas notre voisin d’en haut !

Le gars s’est placé à côté de la fille et l’a serrée contre lui avec vigueur. Le petit, coincé entre l’arbre et l’écorce, riait en regardant son père. La fille me fixait toujours et c’était l’incompréhension qui se peignait sur son visage mais qui ne lui redonnait pas pour autant ses couleurs.

– Elle est belle ma blonde, an ?

Le gars a saisi le menton de la fille et l’a ramené vers lui.

– Regarde-moi cette belle bouche !

Il a embrassé la fille sans retenue tout en caressant ses cheveux avec intensité. La tête de l’enfant était prisonnière du bras musclé et les pleurs ont commencé. Ça n’a pas atténué les ardeurs du conjoint qui sincèrement ne se gênait pas pour parcourir les formes de la fille.





Invité(e), vous êtes à la page 14 de l'histoire.