Ça te sera rendu un jour. Comme un boomerang qui voyagerait dans le temps.

J’ai pensé à mes parents. À mes frères et soeurs. Ma courte vie a défilé par brides rapiécées. Ça allait tellement vite. Comme un film en accéléré.

Non mais tu n’es pas en train de te noyer, là ! Tu ne vas pas mourir ! Pas de spectacle biographique, please !

Je me suis ressaisi et ma tête s’est vidée d’un coup. Le petit garçon riait à gorge déployée et les événements ont repris leur cours. L’interlude n’avait pas duré longtemps même si ça m’avait paru une éternité. Car j’avais retenu mon souffle durant l’épisode. Alors j’ai respiré profondément,

J’ai regardé en bas de l’escalier. Et le bout de rue que je pouvais voir d’où j’étais. J’ai fait un pas en avant pour me glisser dans le vestibule.

– Il pense que toi et moi on …

J’ai figé. Puis j’ai reculé. Ce que je n’aurais jamais dû faire. Il aurait fallu que j’ignore les paroles et que je referme la porte qui menait au troisième et que je monte les marches et que je pointe l’autre clé et l’insère dans la serrure que je rentre chez moi. Mais l’invraisemblance de sa déclaration m’a attiré comme un aimant.

On était face à face. Et chacun de ses mouvements répétitifs pour assagir l’enfant frôlait mon bras. Elle avait envahi mon espace et sincèrement je n’avais pas l’habitude de me rapprocher de la sorte lors d’un échange verbal. On était soudés l’un à l’autre par nos regards, prisonniers de cet instant qui se prolongeait et qui nous menaçait de représailles.





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